L’historique du Réseau canadien d’information sur le patrimoine (RCIP) commence en 1972, lorsqu’il fut créé pour donner suite à la Convention concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels. Cette convention avait été établie par l’UNESCO en 1970 et le Canada en avait été l’un des premiers pays signataires.
La politique nationale de 1972 sur les musées proposa la création d’un répertoire des collections culturelles et scientifiques conservées par les établissements publics du Canada. À l’origine, le RCIP fut appelé Programme du répertoire national (PRN).
Le mandat du PRN consistait à créer un répertoire national informatisé de ces collections qui faciliterait l’échange de l’information qu’elles contenaient. En outre, le PRN devait se livrer à des activités de recherche et de développement appliqués dans le domaine des normes et des technologies de gestion de l’information et conseiller les musées ainsi que la communauté patrimoniale sur ces mêmes questions. Avec le temps, de nouvelles politiques élargiront ce mandat pour y inclure d’autres ressources en ligne.
La compilation de l’information sur le patrimoine canadien en trois répertoires nationaux constitua une étape marquante de l’histoire du RCIP. La mise en œuvre du PRN suscita la création de bases de données sur des collections en sciences humaines et en sciences naturelles et aussi sur des sites archéologiques.
À l’origine, les musées envoyèrent au RCIP leurs catalogues de collections sur support papier pour les faire informatiser. Cependant, à mesure que la technologie progressa, les musées participants purent eux-mêmes mettre à jour les répertoires nationaux par accès commuté à l’ordinateur central du RCIP, celui-ci les aidant dans cette opération.
Les répertoires nationaux devinrent une précieuse ressource. On les utilisa pour la recherche, le catalogage comparatif et la planification d’expositions mais des établissements s’en servirent aussi pour gérer leurs propres collections. Le RCIP permit également aux musées de partager de l’information par courrier électronique bien avant que cette pratique ne soit popularisée par Internet.
Le RCIP travailla aussi à l’élaboration de normes documentaires. Pour appuyer les activités ci-haut décrites, il œuvra activement au développement et à la mise en place de normes documentaires, préconisant une documentation uniformisée de l’information muséale au niveau des établissements ainsi qu’à l’échelle nationale et contribuant à l’élaboration de projets de normes internationales.
En 1987, le RCIP ajouta le Réseau d’information sur la conservation (CIN) et une série d’autres bases de données de référence à sa liste de ressources. Les ressources du RCIP étaient alors offertes par accès commuté; elles étaient fournies sans frais aux établissements patrimoniaux canadiens tandis que les autres utilisateurs souscrivaient un abonnement pour s’en servir. Dès la fin des années 1980, le RCIP commença à collaborer avec la communauté patrimoniale canadienne pour évaluer les nouvelles technologies aptes à diffuser l’information sur les musées. Plusieurs projets entraînant la production de matériel sur CD-ROM et CD-I furent menés à terme et tous ceux qui y prirent part en tirèrent une précieuse expérience.
En 1995, le RCIP entama une révision massive de ses programmes après consultation de ses clients. Comme la bureautique s’était encore améliorée et l’Internet avait acquis ses lettres de noblesse, le RCIP et les musées canadiens imaginèrent un environnement où ceux-ci pourraient créer de précieuses ressources d’information publique qu’on accéderait par des moyens électroniques.
Avec la montée en puissance des ordinateurs personnels et l’accessibilité généralisée des logiciels commerciaux de gestion des collections, le RCIP entreprit d’aider les musées à transférer les données relatives à leurs collections de son ordinateur central pour les verser dans des systèmes internes de gestion. Pour assister les musées dans cette tâche, il procéda à l’évaluation d’un large éventail de progiciels disponibles avec une équipe de professionnels de musée. Le transfert des données dans des logiciels de gestion interne des collections fut terminé avant la fin du printemps 1998.
Par ailleurs, en 1995, le RCIP s’assigna une nouvelle mission :
« Pour la formation et le plaisir du grand public et dans l'intérêt collectif des musées canadiens, faire fonction de courtier en information sur le patrimoine canadien et international, afin d'y assurer un accès efficace. »
En octobre 1995, les produits et services du RCIP, qui étaient auparavant offerts exclusivement par accès commuté à ses collaborateurs et abonnés, furent tous lancés dans le Web. Le RCIP, avec la participation de la communauté patrimoniale canadienne, élabora aussi de nouveaux produits conjoints.
Ainsi, lorsqu’il diffusa en 1995 sa première exposition virtuelle intitulée Traditions de Noël en France et au Canada, le RCIP put présenter un contenu muséal à un nouveau public-cible tout en permettant aux visiteurs de l’exposition de vivre une expérience en ligne inédite.
En 1996, le RCIP conçut aussi le Forum du patrimoine, un journal virtuel interrogeable destiné aux professionnels du patrimoine et offrant un contenu en ligne proposé tant par les utilisateurs que par le personnel du RCIP.
Les répertoires nationaux furent remaniés pour le Web et prirent un nouveau nom, Artefacts Canada. Les musées canadiens continuèrent de verser des données et images de leurs collections dans Artefacts Canada dans le Web, augmentant d’autant la valeur de cette base de données pour les professionnels du patrimoine. En 2004, on supprima la section Sites archéologiques d’Artefacts Canada pour tenir compte des commentaires formulés par la communauté patrimoniale canadienne.
Plus tard durant la décennie, une autre innovation du RCIP profita des avantages d’Internet pour promouvoir les musées et joindre un nouveau public : le guide électronique À la découverte du patrimoine, lequel permettait aux musées d’effecteur leur propre mise à jour de leurs données institutionnelles dans un répertoire Web interrogeable. Ce produit revêtait une importance particulière pour les petits musées qui n’auraient pu autrement bénéficier d’une présence dans Internet. Le RCIP proposa aussi des comptes et une formation en ligne à ses musées afin de les faire participer à des initiatives dans Internet et de les faire profiter des ressources de plus en plus abondantes que leur offrait le Web.
En 2000, le RCIP lança un autre produit, Apprenons avec les musées, qu’il avait élaboré pour permettre aux différents musées de promouvoir leur matériel didactique en ligne auprès des enseignants et des étudiants.
Le RCIP continua de participer à l’élaboration, à la promotion et à la mise en place de normes d’information au sein de la communauté des musées canadiens, de même qu’à l’échelle internationale. Sa participation au consortium Computer Interchange of Museum Information (CIMI) et au Comité international pour la documentation (CIDOC) du Conseil international des musées (ICOM) permit à la communauté internationale de profiter du savoir-faire des musées canadiens tout en donnant d’importants résultats qui pouvaient être appliqués à l’échange et à la gestion de l’information muséale au Canada.
L’information muséale devenant plus accessible dans Internet, le RCIP commença à produire des publications traitant des problèmes du droit d’auteur et de la protection des données et images des musées dans le Web. Il commença aussi à diffuser de l’information aux musées sur la numérisation des images et la gestion des collections dans une série de publications, de ressources en ligne et d’ateliers.
En 2001, le RCIP lança le Musée virtuel du Canada (MVC). Le RCIP collabore ainsi avec la communauté muséale pour faciliter la création, la gestion et la présentation du contenu numérique. Aujourd’hui, le RCIP propose deux actifs en ligne : d’une part, un site RCIP qui offre des ressources professionnelles à la communauté patrimoniale et, d’autre part, le Musée virtuel du Canada qui présente les musées canadiens et leurs collections à un public international.
Depuis le lancement du MVC en 2001, des gens du monde entier ont emprunté avec plaisir cette passerelle qui les mène au contenu multimédia passionnant que créent pour eux les musées canadiens. Durant sa première année, le MVC attira près de trois millions de visites provenant de plus de 140 pays. Depuis, l’affluence au MVC a augmenté d’année en année au point d’atteindre le nombre remarquable de 12,5 millions de visites en 2008.
Le RCIP administre également les Investissements du Musée virtuel du Canada (MVC), qui aident les musées à créer un contenu numérique dont profitera le public canadien et étranger.
L’information muséale tirée du guide électronique a été réhabilitée dans les sections Musées à visiter et Calendrier d’activités du MVC.
Quant aux précieuses ressources qu’on avait commencé à recueillir sous forme de répertoires nationaux et qui sont le fruit de 30 années de collaboration entre le RCIP et la communauté muséale, elles ont aussi été intégrées dans le MVC. Les dossiers de collections d’Artefacts Canada ainsi que leurs images ont été versés dans la Galerie d’images du MVC.
Pour sa part, la section Apprenons avec les musées a été incorporée au Centre des enseignants du MVC.
En conformité avec l'orientation de son site Web, qui répond aux besoins des professionnels du patrimoine, le RCIP y a ajouté le Carrefour du savoir en 2006. Conçu à l’intention des professionnels et bénévoles des musées, le Carrefour du savoir favorise la mobilisation de la communauté par l’exploitation de technologies pertinentes.
En 2009, le Carrefour du savoir est devenu Échange professionnel. Ce site aux fonctionnalités interactives améliorées offre un accès en ligne à Artefacts Canada, à des ressources professionnelles, à des publications, à des bases de données de référence et à des cours.
Avant la fin de 2008, le nombre de visiteurs du Carrefour du savoir avait plus que doublé. Durant la même année, le Musée virtuel du Canada a aussi cumulé près de 12,5 millions de visites, le plus grand nombre jamais enregistré au cours d’une année.
En 2009, le RCIP a remanié et relancé ses actifs en ligne pour offrir à ses visiteurs une expérience plus interactive et plus enrichissante. Ces actifs intègrent les plus récentes normes et approches (dont les technologies collaboratives Web 2.0 et la navigation à facettes).
Le RCIP administre maintenant un site Web organisationnel, le site Échange professionnel à l’intention des travailleurs du patrimoine et le Portail du Musée virtuel du Canada (MVC) destiné aux publics canadien et international.