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À propos du MIEAP

Le Modèle d’impact économique pour les arts et le patrimoine (MIEAP) est un outil flexible qui permet à l’analyste d’évaluer l’impact économique d’installations ou d’établissements tels qu’un musée, un théâtre, une galerie et un lieu historique, ou de représentations, de productions, d’événements et de festivals à l’intérieur ou à l’extérieur de leur province ou territoire. La présente version du MIEAP utilise des coefficients et des multiplicateurs du Modèle interprovincial d’entrées-sorties de Statistique Canada de 1999. Ce modèle a été choisi parce qu’il tient compte des flux du commerce interprovincial des biens et services (fuites à l’importation) et qu’il offre des coefficients comparables pour chaque province et territoire.

Le Modèle interprovincial d’entrées-sorties de Statistique Canada comprend une série de tableaux détaillés qui montrent les éléments suivants : 1) la production des biens et services par secteur d’activité économique dans chaque province et territoire, 2) l’utilisation des biens et services par secteur d’activité économique dans chaque province et territoire, et 3) les flux des biens et services entre les provinces et territoires. À partir de ces tableaux, Statistique Canada détermine une série de coefficients d’entrées-sorties établissant un lien entre la production dans une industrie donnée (ou un secteur d’activité) et les industries ou secteurs qui lui fournissent les facteurs de production. Statistique Canada calcule ensuite les multiplicateurs qui permettent de suivre, dans l’économie d’une province ou d’un territoire, les effets de l’augmentation d’un montant donné en dollars sur la demande pour un bien ou service, sur le plan du revenu du travail, du produit intérieur brut, du niveau d’emploi et des revenus de taxation.

Le MIEAP est conçu de façon à réduire la quantité de données statistiques nécessaires pour réaliser une étude d’impact économique. Le modèle comprend des catégories normalisées de dépenses liées à un site ou à un événement qui correspondent aux dépenses habituelles effectuées par des organismes du secteur des arts et du patrimoine. L’objectif est de permettre à l’analyste de faire des calculs économiques sans avoir à obtenir les coefficients auprès de Statistique Canada.

L’impact économique est calculé à partir des catégories de dépenses suivantes : dépenses liées au fonctionnement et à l’entretien, dépenses d’infrastructure, versement de salaires et de traitements et dépenses des visiteurs/du public attribuables à un établissement, à un festival ou à un événement. Les dépenses relatives à l’achat de terrains, de bâtiments existants, de machines ou d’équipement d’occasion ou d’autres biens comme des artéfacts, ne doivent pas être incluses dans le calcul. Ces dépenses constituent essentiellement des transferts de biens entre deux agents économiques, ce qui n’entraîne pas de hausse de production.

Par contre, les dépenses des visiteurs/du public effectuées dans la province ou le territoire où se trouve un site ou qui accueille un événement, doivent être incluses dans le calcul de l’impact économique. Cependant, il important de noter que, lorsque plusieurs établissements ou attractions sont visités au cours d’un même voyage (voyage comprenant des destinations multiples), seule une partie des dépenses des visiteurs/du public liées aux déplacements et à l’hébergement peut être attribuée aux activités d’un site ou à la tenue d’un événement donné. Les recettes qu’un organisme engrange grâce à ces visiteurs/ce public doivent aussi être déduites du total des dépenses.

Le MIEAP mesure les effets directs et indirects sur chaque unité de mesure, pour chacun des organismes et pour chaque segment de visiteurs/du public qui font l’objet de l’analyse. Les unités de mesure de l’impact économique sont le revenu du travail, le produit intérieur brut, l’emploi (exprimé en équivalents temps plein) et les revenus de taxation engendrés par les dépenses attribuables à un organisme, un festival ou un événement.

Quelques définitions
  • Les effets directs correspondent à l’augmentation du revenu des entreprises et des individus provenant d’une hausse de la demande en biens et services dans la région visée, en raison de la tenue d’un événement artistique ou patrimonial ou des activités d’un établissement.
  • Les effets indirects proviennent de l’augmentation de la production dans les entreprises situées dans la région visée qui fournissent des produits intermédiaires aux industries directement liées à l’événement artistique ou patrimonial ou aux activités du site.
  • Les effets induits proviennent des individus qui, après avoir reçu un salaire dans le cadre des activités relatives à un site, ont dépensé l’argent gagné dans la région visée pour l’achat de biens et services. Soulignons que Statistique Canada ne rapporte plus ce type d’effet dans son modèle d’entées-sorties. C’est pourquoi les effets induits ne sont pas calculés dans le MIEAP.
  • Le revenu du travail comprend les salaires (montant payé en salaires et traitements aux travailleurs), le revenu supplémentaire du travail ainsi que le revenu net des entreprises individuelles.
  • Le produit intérieur brut (PIB) comprend le revenu du travail et le revenu net (profits) des entreprises constituées en sociétés, soit la valeur nette de la production, ou valeur ajoutée, de l’activité économique dans la région visée.
  • L’ emploi (exprimé en équivalents temps plein - ETP) équivaut à une année de travail pour une personne. Par exemple, le travail de trois personnes pour une période de quatre mois chacune correspondrait à un ETP. De même, cinq ETP pourrait représenter une personne travaillant pendant cinq ans à plein temps.
    • L’emploi est mesuré en années-personne (ETP). Un emploi durant une partie de l’année est exprimé en proportion d’une année-personne. Il n’y a donc aucune distinction entre un emploi à temps plein et un emploi à temps partiel. Par exemple, une personne travaillant à mi-temps pour une période d’un an ou à plein temps pour une période de six mois représente la moitié d’une année-personne. L’emploi total est la somme du nombre de travailleurs payés et du nombre d’autres types de travailleurs, notamment les travailleurs indépendants, les membres de la famille qui ne sont pas rémunérés et les propriétaires d’entreprises individuelles.
  • Les revenus de taxation sont évalués de deux façons dans le modèle, soit les taxes sur les produits et les taxes à la production. Les taxes sur les produits comprennent la TPS, la TVP, la taxe de vente harmonisée, la taxe sur les ventes des fabricants, la taxe d’amusement et les taxes d’accise. La taxe à la production comprend l’impôt foncier et les revenus provenant de licences et de permis.
Hypothèses principales et contraintes
Le Modèle interprovincial d'entrées-sorties est un modèle de type statique, c'est-à-dire qu’il présente les diverses variables dans un état d’équilibre statique, ne produisant ni surplus ni déficit et illustrant la structure économique à un moment précis. Aucune importance n'est accordée aux effets dynamiques tels les dépenses en investissement qui découlent d'une demande accrue ou les économies d'échelle qui peuvent résulter de chocs exogènes.

La structure du MIEAP repose sur un certains nombre d’hypothèses de base qui en restreignent l'utilité. Par exemple, on assume que le niveau de production est dépendant de la demande; une hausse exogène de la demande finale entraîne donc un accroissement de la production et du niveau d’emploi mais n’a aucun effet sur les prix. D’un point de vue économique, on dit que l’offre est parfaitement élastique au prix courant du marché et qu’elle est ainsi déterminée par la demande. Les chocs exogènes ne sont pas jugés suffisamment importants pour produire un changement dans la structure économique normale des provinces et des territoires.

Deux catégories de retombées économiques sont calculées grâce au MIEAP : a) les retombées dans la province ou le territoire où se trouvent les installations ou qui accueille l’événement, et b) les retombées dans les autres provinces et territoires. Les industries se trouvant dans une province ou un territoire dont les assises économiques sont moins importantes effectueront une grande part de leurs achats en biens et services dans d'autres provinces ou territoires, voire dans d’autres pays.

Finalement, dans certains cas, la qualité des données statistiques sur certains secteurs d’activité recueillies dans les provinces et les territoires et utilisées dans le modèle de Statistique Canada, peut laisser à désirer. En outre, il existe très peu de données sur les flux du commerce interprovincial des biens et services.

Références bibliographiques (lectures supplémentaires)
  • Aspects méthodologiques

  • Strategic Research and Analysis Guidelines for conducting economic evaluations of major sport events, 1995, Ottawa.

    Statistique Canada, Division des entrées-sorties, Guide d'utilisation du Modèle d'entrées-sorties de Statistique Canada, Document technique numéro 58-F, juillet 1994 (Erik Poole).

    Statistique Canada, Division des entrées-sorties, La structure par entrées-sorties de l'économie canadienne 1989, numéro 15-201 au catalogue, Ottawa, 1993.

    Getz, Donald, Festivals, Special Events, and Tourism, New York: Van Nostrand Reinhold, 1991

    Grady, Patrick et R. Andrew Muller, On the Use and Abuse of Input-Output Based Impact Analysis in Evaluation, in the Canadian Journal of Program Evaluation, volume 3, number 2, p. 49-61, 1988.

    Miller, Ronald E. et Blair, Peter D., Input-Output Analysis: Foundations and Extensions, Prentice-Hall Inc., Englewood Cliffs, New Jersey, 1985.

    Walsh, Richard G., Recreation Economic Decisions: Comparing Benefits and Costs, Colorado State University, 1986 (Chapitre 12 : Retombées économiques régionales).

  • Études de cas (à l'échelle

  • Whiting P.G. (The Outspan Group), Economic Benefits of the Art Gallery of Ontario: A Case Study, préparé à l'intention du Ministère du patrimoine canadien, 2001.

    Whiting P.G. (The Outspan Group), Benefits and Economic Impacts Associated With the Canadian Heritage Rivers System, préparé à l'intention de la Commission des rivières du patrimoine canadien, 1997.

    Whiting P.G. (The Outspan Group), Economic Benefits of the Canadian Museum of Civilization: A Case Study, préparé à l'intention du Ministère du patrimoine canadien, 2001.

    Gardner Pinfold Consulting Economists Ltd., An Economic Impact Statement and a Visit Profile of Atlantic Region National Parks and Historic Sites: A Summary Report and Technical Appendices , préparé à l'intention de Parcs Canada, 1992.

    Coopers and Lybrand Consulting Group, Economic Impact Analysis of Canals, National historic Sites and National Parks in Ontario: A Summary Report and Technical Appendices, préparé à l'intention de Parcs Canada, 1992.

    Rogers, Judy (Research Resolutions), The Economic Impact of the Barnes Exhibit: Final Report and Technical Appendices, préparé à l'intention du Ministère de la culture, du tourisme et des loisirs de l’Ontario, 1995.

    Rogers, Judy (Research Resolutions), Blockbusters & The Cultural Visitor: A Special Analysis of Out-of-Town Visitors to the Barnes Exhibit At The Art Gallery of Ontario, préparé à l'intention du Ministère du Patrimoine canadien, 1996.

    Research Resolutions et Burak Jacobson Research Partners Inc., The Economic Impact of the Breeders' Cup at Woodbine Racetrack: Final Report and Technical Appendices, préparé à l'intention du Jockey-Club de l'Ontario, 1997.

    Parcs Canada (Direction socio-économique), Visit Profile and Economic Impact Statement of Manitoba and Saskatchewan National Parks and National Historic Sites: A Summary Report and Technical Appendices, 1993.

    Parcs Canada (Direction socio-économique), Impact on the Provincial Economy of the National Parks of Alberta, 1989.

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    Études de cas (à l'échelle nationale)

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    Statistique Canada, Division des comptes nationaux et de l'environnement, Modèle d'impact économique touristique (TEIM - acronyme anglais), préparé à l'intention de la Commission canadienne du tourisme, 1997 (version préliminaire / draft preliminary version).

    Rogers, Judy (Research Resolutions), The Northern Tourism Experience: 1994 Domestic & Inbound Markets To Canada's North, prepared for the Canadian Tourism Commission, préparé à l'intention de la Commission canadienne du tourisme, du Ministère du Patrimoine canadien et al., 1996.

    Whiting P.G. (The Outspan Group), A Study of the Economic Impact of Parks Canada, prepared for Parks Canada, 2003.

    Whiting P.G. (The Outspan Group Inc.), The Economic Impact of Canada's National, Provincial and Territorial Parks in 2000, préparé à l'intention du Conseil canadien des parcs, 2005.

    Études de cas (à l'échelle nationale)

    Gardner Pinfold Consulting Economists Ltd., Gros Morne National Park Economic Impact Study, préparé à l'intention de Parcs Canada, 1992.

    Parcs Canada, Direction socio-économique, Impact socio-économique local et régional de la création d'un parc national en Minganie : Rapport Final, 1984.

    Economic Planning Group of Canada, Tourism Community Development Initiative, Economic Impact Study Niagara Falls, Volumes 1-10, 1998, préparé conjointement par Econometric Research Limited et Ruston-Tomany and Associates Limited à l'intention de Tourisme Canada.

    Economic Planning Group, Visitor Profile and Economic Impact Statement for Mount Revelstoke and Glacier National Parks, préparé à l'intention de Parcs Canada, 1996.