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L’institut culturel de Google prend de l’expansion

mai 2013

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En octobre 2012, l’institut culturel de Google a ajouté 42 nouvelles expositions à sa collection en ligne. L’institut, qui a vu le jour en 2010, offre un dépôt d’archives en ligne pour un large éventail de documents historiques. Selon Google, l’institut a pour but d’améliorer l’accès au patrimoine culturel mondial en mettant ces œuvres et documents à la disposition des gens partout au monde, et ce, gratuitement. Parmi les participants dignes de mention, mentionnons le Nelson Mandela Centre of Memory, la Life Photo Collection et le Smithsonian Freer|Sackler Gallery. Aucun musée canadien ne fait partie, pour le moment, de ce projet en croissance.
À l’aide de cet institut, Google vise à encourager la consommation, par le public, de l’ensemble du contenu culturel. La plupart des œuvres présentées sur le site Web n’étaient auparavant offertes qu’aux visiteurs qui pouvaient se rendre au musée. Qui plus est, certains objets avaient été retirés et rangés dans les voûtes des musées, interdites d’accès au public. En numérisant des parties de leurs collections, les musées partenaires peuvent désormais présenter ces documents d’archives au public.

Incidence sur les musées

Google affirme qu’il ne souhaite pas usurper le rôle des musées. L’institut précise qu’il n’a pour but que d’aider à préserver l’histoire, la culture et l’art, et à en faire la promotion. Toutefois, la plupart des grands musées ont un site Web où ils présentent leurs propres collections en ligne. Est-ce que l’institut culturel de Google détournera les visiteurs des sites Web de ces établissements? Ou est-ce que l’institut suscitera plutôt un intérêt pour le contenu culturel dans son ensemble, faisant indirectement croître la demande pour les musées et leur incomparable expertise?
Il est certes trop tôt pour déterminer si les musées qui ont participé à l’institut ont tiré avantage de cette visibilité. Razia Saleh du Nelson Mandela Centre of Memory, qui s’est associé à Google, décrit ainsi l’incidence de l’institut : « éliminer la notion de garde physique des biens d’archives ». De plus en plus, le contenu culturel en ligne sera regroupé par sujet, plutôt que par les établissements qui hébergent ces objets physiques.

Matière à amélioration

L’institut culturel de Google a été critiqué pour l’expérience trop linéaire et rigide qu’il offre en ligne. La navigation s’effectue sur une trame chronologique lisible de gauche à droite. Il est très difficile de naviguer parmi les expositions, comme on le ferait dans un musée. La quantité d’information peut être décourageante, d’autant que le nombre de photos sur le site dépasse les six millions.
De plus, on trouve que la gamme de sujets est trop restreinte et sérieuse. Pour l’instant, la plupart des expositions ont trait à l’histoire du 20e siècle, surtout aux récits de guerre et de souffrance humaine (p. ex. la Deuxième Guerre mondiale, l’apartheid en Afrique du Sud et la guerre froide). Google a promis d’élargir le contenu du musée dans les prochaines versions, ce qui augmenterait sans doute l’intérêt des gens.
Enfin, bien que le site tente d’offrir une vaste expérience multimédia (notamment des extraits vidéo), dans bien des cas, il ne tient pas ses promesses. La plupart des expositions se limitent à un assortiment d’images (accompagnées de courtes descriptions), notamment des photos du journal d’Anne Frank ou du manuscrit inachevé de Nelson Mandela. L’institut n’a pas encore tiré pleinement avantage de la nature interactive d’Internet.

Développement continu

Certes, une part de ces critiques est justifiée, mais personne ne peut nier la possibilité qu’offre un tel projet. Piotr Cywinski, directeur du Auschwitz-Birkenau State Museum (qui a partagé avec l’institut certaines de ses collections jamais présentées auparavant) fait remarquer qu’« aujourd’hui, nous devons utiliser toutes les technologies dont nous disposons pour préserver la mémoire ». En effet, le vaste contenu de l’institut est impressionnant et le site offre une présentation épurée. Au fur et à mesure que le projet avance et que de nouveaux partenaires se joignent à celui-ci, Google s’attaquera sans doute à ces problèmes.

À la recherche de partenaires

On confond souvent l’institut culturel de Google avec le Google Art Project, qui présente des œuvres d’art, principalement des tableaux, à l’aide de photos haute définition remarquables. Ces projets sont toutefois distincts et ils s’ajoutent à une initiative récente de Google Street View pour le schéma de l’intérieur des musées. Le RCIP a écrit des billets sur ces activités qui s’adressaient à toute la communauté muséale pour son appui. En fait, un formulaire de demande apparaît sur la page Web de l’institut, à l’intention des institutions culturelles qui souhaitent participer à de nouvelles expositions en ligne.

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